Sous l'eau, le blobfish n'est finalement pas si laid

Lorsque les chalutiers remontent l'un de ces poissons, « c'est un peu comme s'ils réchauffaient un objet assemblé à la colle et que celle-ci se mettait à fondre ».

De Liz Langley
Publication 29 mars 2025, 10:39 CET
Le blobfish en question est devenu viral grâce à cette photo peu avantageuse, car l'animal a ...

Le blobfish en question est devenu viral grâce à cette photo peu avantageuse, car l'animal a une tout autre apparence sous l'eau. Lorsqu'ils sont arrachés des profondeurs pour être exhibés en surface, ils subissent d'importants dégâts corporels.

PHOTOGRAPHIE DE Kerryn Parkinson, NORFANZ, Caters News via ZUMA Press

En 2013, le blobfish était élu Animal le plus laid du monde par la Ugly Animal Preservation Society avec l'intention louable d'attirer l'attention sur ces créatures qui, contrairement au panda, ne peuvent pas vraiment tout miser sur leur physique. Si le blobfish nous semble correspondre à cette description, c'est avant tout parce que la plupart d'entre nous ne l'ont aperçu que sur une photo devenue virale où il semble fondre… et où il est en fait mort.  

Oh, comme la roue peut vite tourner. Le mois dernier, ce même blobfish a reçu le titre de Poisson de l'année en Nouvelle-Zélande à l'occasion d'un concours visant à promouvoir la biodiversité. 

Le blobfish que nous connaissons et aimons tous ne ressemble en rien au poisson qui vit dans les profondeurs de l'océan. 

La photo de M. Blobby, nom qui lui a été consacré, a été prise en 2003 lors d'une expédition scientifique partie sonder l'océan Pacifique entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande, où vivent certains blobfish. M. Blobby a donc été capturé aux côtés de milliers d'autres animaux dans leurs filets. 

Il est difficile d'étudier les animaux qui vivent dans ces profondeurs glaciales, puisqu'ils passent le plus clair de leur temps dans un habitat situé « entre le plateau continental et les abysses », indique Matthew Davis, professeur de biologie spécialisé dans l'évolution des poissons à l'université d'État de Saint-Cloud, dans le Minnesota.

Compte tenu de la profondeur à laquelle ils évoluent habituellement, il est rare de croiser un blobfish, mais une chose est sûre : ils sont très différents des autres poissons. 

Sous l'eau, le blobfish présente une large tête et un corps fuselé, rappelant celui du têtard.

Sous l'eau, le blobfish présente une large tête et un corps fuselé, rappelant celui du têtard.

PHOTOGRAPHIE DE NOAA, MONTEREY BAY AQUARIUM RESEARCH INSTITUTE, SCIENCE PHOTO LIBRARY

À la place des écailles, le blobfish possède une peau flasque dont la forme est conditionnée par la pression océanique. En dehors de son environnement, il a tendance à se déformer. 

 

À QUOI RESSEMBLE RÉELLEMENT UN BLOBFISH ? 

Comme nous l'explique Davis, de nombreux poissons de fond subissent d'importants dégâts corporels lorsqu'ils sont capturés dans un filet pendant un certain temps avant d'être remontés en surface depuis les grandes profondeurs. 

Peu avant cette fatale ascension, M. Blobby devait probablement rouler sa bosse entre 1000 et 1400 mètres de profondeur. Sous la barre des 200 mètres, la lumière se fait rare et les températures commencent à chuter sévèrement. Lorsque les chalutiers remontent l'un de ces poissons, « c'est un peu comme s'ils réchauffaient un objet assemblé à la colle et que celle-ci se mettait à fondre », illustre Ben Frable, conservateur de la collection des vertébrés marins à l'Institut océanographique Scripps de San Diego.

Vous savez donc à présent que l'apparence du blobfish dans son milieu naturel n'est pas celle d'une crème glacée en fusion. Sous l'eau, ils ressemblent plutôt à des têtards : la tête large et le corps fuselé.

« La partie avant de leur corps a évolué pour devenir une tête géante », reprend Frable. Pratique, lorsque votre stratégie de chasse consiste à attendre que la nourriture vous tombe sous le nez. « Ils ouvrent alors leur bouche rapidement en créant un effet de succion pour engloutir leur proie, comme un petit poisson ou des invertébrés. » 

En plus de la peau à la place des écailles, le blobfish présente d'autres différences. 

La plupart des poissons osseux possèdent une vessie natatoire, un organe rempli de gaz qui assure leur flottabilité. À l'instar des requins, les blobfish ont renoncé à ce genre d'équipement. Pour compenser, ils se passent également de détails encombrants comme des muscles ou un squelette massif, en plus de l'absence d'écailles. 

« Ils sont faiblement ossifiés », ajoute Frable. « Leurs os ne sont pas très osseux, si vous préférez. » 

En matière de survie, cette excentricité fait sens. Ils n'ont pas besoin de muscles pour aller vite ou d'écailles pour se protéger, car ils ont très peu de prédateurs naturels. Frable indique qu'ils possèdent également une matrice extracellulaire, une couche de tissu majoritairement composée d'eau qui apporterait une certaine structure et flottabilité. Par ailleurs, ils ont également pris l'habitude de se déplacer lentement pour conserver leur énergie.  

Après tout, conclut Frable, dans « le plus grand habitat de la planète », qui sait quand viendra leur prochain repas ?

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    Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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